Général27 mars 2026

Stagflation en 2026 ? Fed bloquée, pétrole à 100$... Quelle suite pour tes investissements ?


On pensait que 2026 allait être l'année du soulagement. Un peu de repos pour les banques centrales, un cycle d'assouplissement monétaire qui libère enfin les marchés, et une inflation qui rentre sagement dans le rang.

La réalité en a décidé autrement.

Entre la guerre en Iran, le pétrole qui oscille autour des 100 dollars, des taux à 10 ans aux États-Unis qui repassent au-dessus des 4,30 %, et des indices américains qui, malgré tout ça, refusent de décrocher sérieusement… On a un sacré casse-tête à résoudre.

Pour en parler, j'ai invité Alexandre Baradez, responsable des marchés chez IG, directement sur la chaîne. L'idée : poser les bonnes questions, confronter les points de vue, et t'aider à y voir plus clair dans ce brouillard macro. C'est aussi le début d'une collaboration régulière avec Alexandre ici même sur la chaîne IVT.

📺 Cet article est le résumé enrichi de notre échange vidéo. Si tu préfères la version complète en image, la vidéo est disponible sur notre chaîne YouTube :


BCE vs FED : deux banques centrales, deux réalités

C'est le premier point qu'Alexandre a tenu à clarifier, et il a raison. On parle souvent "des banques centrales" comme d'un bloc homogène. Mais la BCE et la FED ne sont pas du tout dans la même position aujourd'hui.

Côté BCE, la situation est inconfortable mais pas catastrophique. Avant les événements en Iran, l'inflation en zone euro était repassée sous les 2 % depuis trois mois consécutifs. La flambée du pétrole va mécaniquement la faire rebondir au-dessus de cette barre, c'est certain. Mais Alexandre met en garde contre une réaction excessive :

"On ne répond pas à un choc d'approvisionnement sur le pétrole par des hausses de taux. Ce n'est pas ça qui va faire baisser les cours du pétrole, ce n'est pas ça qui va faire que le détroit d'Ormuz sera à nouveau praticable."

Alexandre Baradez, responsable des marchés chez IG

En clair : la BCE aura probablement une rhétorique prudente et prudentielle, mais pas forcément suivie d'actes concrets sur les taux. Surtout si la situation en Iran s'améliore dans les prochains mois.

Côté FED, c'est une toute autre histoire. L'inflation sous-jacente PCE (la mesure la plus surveillée par la Réserve Fédérale) était déjà à 3,1 % avant le choc pétrolier. La FED n'avait donc déjà pas la capacité de baisser ses taux. Le pétrole au-dessus des 100 dollars ne fait qu'aggraver cette impasse.

Résultat : sauf accident économique majeur ou choc sur l'emploi, la FED va rester en statu quo pendant encore plusieurs mois. Pas de baisse de taux à l'horizon, et encore moins de hausse (pour le moment).


Wall Street à -6% seulement : solidité ou complaisance ?

C'est la question que j'ai posée directement à Alexandre, parce que c'est celle que tout le monde se pose.

Le pétrole flambe, les taux remontent, l'Europe dévisse de 12 % sur le CAC et le DAX… et le S&P 500 ne lâche que 6 % depuis ses plus hauts. On est toujours au-dessus des moyennes mobiles longues, notamment la fameuse MM50 weekly. Et pour rappel, le 10 ans américain est revenu à 4,30 %, le même niveau qui avait poussé Donald Trump à faire son fameux revirement sur les droits de douane.

Alors, comment expliquer cette immunité apparente de Wall Street ? Alexandre identifie trois facteurs :

1. L'effet valeur refuge. En cas de stress géopolitique, les capitaux se réfugient naturellement vers les actifs américains. Le dollar s'apprécie, les investisseurs achètent du S&P 500 parce que les États-Unis sont bien plus autonomes que l'Europe sur le plan énergétique.

2. Des résultats d'entreprises toujours solides. Les derniers trimestres n'ont pas réservé de mauvaises surprises majeures pour les sociétés du S&P 500. Les fondamentaux micro tiennent.

3. L'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle qui continue de porter le secteur tech et de masquer les fragilités du reste du marché.

Mais attention. Alexandre prévient :

"Beaucoup de sujets sont quand même venus s'amonceler ces derniers mois. Les droits de douane, les CAPEX des grosses entreprises qui restent très élevés, l'inflation toujours pas jugulée, et le stress lié à l'Iran. Je pense qu'on n'a pas forcément vu l'intégralité de la correction sur les marchés américains."

Alexandre Baradez


Le spectre de la stagflation

C'est le mot que personne n'a envie de prononcer, mais qu'il faut quand même poser sur la table.

Si les taux restent au-dessus de 4 % et que l'économie américaine ne réaccélère pas, on entre dans un scénario de stagflation : une inflation qui reste élevée combinée à une croissance qui stagne. Dans ce cas, les taux élevés ne font qu'alourdir les coûts de crédit, de financement, et pèsent encore plus sur une économie qui n'accélère déjà pas.

Alexandre rappelle que des signaux de fragilité existaient déjà côté consommateur américain avant le choc pétrolier. Le pétrole durablement au-dessus des 100 dollars ne fait qu'accélérer la dégradation.

Ce n'est pas le scénario central pour le moment, mais c'est un risque qu'il faut avoir en tête, surtout si tu opères sur les marchés US.


L'Europe : un creux à acheter ?

L'Europe a pris deux fois plus cher que les États-Unis ces dernières semaines. Le CAC 40 et le DAX ont perdu environ 12 % depuis leurs plus hauts, contre 6 % pour le S&P 500.

La raison principale est simple : la zone euro n'est pas autonome en énergie. Les États-Unis, eux, sont un énorme producteur de gaz et de pétrole. Quand le détroit d'Ormuz est sous pression, c'est l'Europe qui trinque en premier.

Mais Alexandre apporte une nuance importante. Selon lui, cette baisse est davantage liée au choc géopolitique qu'à des faiblesses structurelles européennes :

"Avant le stress en Iran, la zone euro était plutôt bien positionnée. Croissance prévue au-dessus de 1 %, taux acceptables, marché de l'emploi dynamique. Les fondamentaux européens étaient corrects."
Alexandre Baradez

Son analyse point par point :

  • La France, malgré tous les stress budgétaires et politiques, a maintenu une croissance qui n'était pas mauvaise ces derniers trimestres
  • L'Allemagne restait fragile mais avait amorcé un léger rebond en fin d'année dernière
  • La BCE avait pu baisser significativement ses taux depuis le pic post-COVID
  • Il n'y avait pas de surchauffe économique, pas d'accélération des salaires, pas de stimulation monétaire excessive

Conclusion d'Alexandre : il ne croit pas à un décrochage structurel ou à une récession notable en Europe.

"La baisse des marchés en Europe, c'est un dip, un creux qui est plutôt intéressant pour se repositionner à moyen terme. La zone euro reste investissable."

Alexandre Baradez

Tout dépendra de la durée de la crise en Iran. Si le stress retombe d'ici un à deux mois, l'impact sera limité. Si la situation s'installe durablement jusqu'à l'été, la croissance européenne en prendra forcément un coup.


Ce qu'il faut retenir

BCE : inconfortable mais pas bloquée. L'inflation rebondit à cause du pétrole, mais les fondamentaux pré-crise étaient sains. Relever les taux face à un choc d'offre serait une erreur, et la BCE le sait probablement.

FED : véritablement coincée. L'inflation PCE à 3,1 % empêche toute baisse de taux. Statu quo prolongé, avec un risque de stagflation si le pétrole reste durablement haut.

Wall Street : résilient grâce à l'effet refuge, aux résultats micro et à l'IA. Mais la correction n'est probablement pas terminée.

Europe : un creux conjoncturel, pas structurel. Si la crise en Iran se résout dans les prochains mois, les marchés européens offrent un point d'entrée intéressant à moyen terme.


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Une collaboration qui ne fait que commencer

Cet échange avec Alexandre est le premier d'une série de points macro qu'on va faire ensemble, régulièrement, directement sur la chaîne. L'objectif est simple : te donner des éléments complémentaires, parfois même contradictoires avec nos propres analyses, pour que tu puisses te forger ton propre avis.

Si ce format te plaît, dis-le nous en commentaire. Et si tu as des sujets que tu aimerais qu'on creuse avec Alexandre lors des prochaines interventions, n'hésite pas à les proposer.

Force, honneur, billets à tous.

Xavier Fenaux
27/03/2026


Cet article est publié à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Les analyses et opinions exprimées reflètent les points de vue des intervenants au moment de l'enregistrement.

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