← Retour au lexique

Les différents types d'ordres en bourse (OC)

ACHAT = LONG = CALL VENTE = SHORT = PUT

Les différents types d’ordres en bourse

Quand tu passes un ordre en bourse, tu ne dis pas seulement « j’achète » ou « je vends ». Tu dois aussi préciser comment tu veux être exécuté.

Tu veux entrer immédiatement, quel que soit le prix disponible ? Tu veux acheter uniquement si le marché revient sur une zone précise ? Tu veux protéger une position si le prix part contre toi ? Tu privilégies la certitude d’être exécuté ou le contrôle du prix ?

C’est exactement le rôle des différents types d’ordres.

Qu’est-ce qu’un ordre de bourse ?

Un ordre de bourse est une instruction envoyée à un intermédiaire financier, généralement un broker ou une banque, pour acheter ou vendre un actif financier.

Cet actif peut être une action, un ETF, un contrat future, un CFD, une devise, une matière première ou une cryptomonnaie selon la plateforme utilisée.

Pour passer un ordre, tu dois généralement choisir :

  • l’actif concerné ;
  • le sens de l’opération : achat ou vente ;
  • la quantité ;
  • le type d’ordre ;
  • le prix éventuel ;
  • la durée de validité de l’ordre.

Un ordre peut être exécuté immédiatement, rester en attente, être partiellement exécuté, expirer ou être annulé.

Le vocabulaire de base à connaître

Le carnet d’ordres

Le carnet d’ordres regroupe les ordres d’achat et de vente disponibles à un instant donné sur un actif.

Il affiche généralement :

  • les meilleurs prix acheteurs ;
  • les meilleurs prix vendeurs ;
  • les quantités disponibles à chaque niveau de prix.

Plus un actif est liquide, plus le carnet est généralement profond. À l’inverse, sur un actif peu liquide, le carnet peut être plus vide, ce qui augmente le risque de mauvaise exécution.

Bid, ask et spread

Le bid est le meilleur prix auquel tu peux vendre immédiatement.

Le ask est le meilleur prix auquel tu peux acheter immédiatement.

La différence entre le bid et le ask s’appelle le spread.

Plus le spread est large, plus le coût implicite d’entrée ou de sortie est élevé.

Achat, vente, long et short

Quand tu achètes un actif en pensant qu’il va monter, on dit que tu es long.

Quand tu vends un actif à découvert en pensant qu’il va baisser, on dit que tu es short.

Attention à ne pas confondre cela avec les options :

  • un call est une option qui donne une exposition à la hausse ;
  • un put est une option qui donne une exposition à la baisse.

Dans le langage courant, certains utilisent « call » pour parler d’un scénario haussier et « put » pour parler d’un scénario baissier. Mais techniquement, achat, vente, long, short, call et put ne sont pas tous des synonymes.

Les principaux types d’ordres

1. L’ordre au marché

L’ordre au marché consiste à acheter ou vendre immédiatement au meilleur prix disponible.

Tu ne fixes pas de prix précis. Tu demandes simplement au marché de t’exécuter tout de suite.

Exemple

Une action cote :

  • 49,98 € à l’achat ;
  • 50,02 € à la vente.

Si tu passes un ordre d’achat au marché, tu achètes au meilleur prix vendeur disponible, autour de 50,02 €, selon la liquidité disponible.

Avantage

L’exécution est généralement rapide.

C’est utile quand tu veux absolument entrer ou sortir d’une position.

Inconvénient

Tu ne maîtrises pas parfaitement le prix d’exécution.

Sur un actif très liquide, l’écart peut être faible. Sur un actif peu liquide ou dans un marché violent, l’écart peut être beaucoup plus important.

C’est là que le slippage peut apparaître.

À retenir

L’ordre au marché privilégie l’exécution plutôt que le prix.

Il doit être utilisé avec prudence, surtout sur les actifs peu liquides, pendant les annonces économiques ou lors des périodes de forte volatilité.

2. L’ordre à cours limité

L’ordre à cours limité permet de fixer :

  • un prix maximum à l’achat ;
  • un prix minimum à la vente.

Tu acceptes d’être exécuté uniquement à ton prix ou à un meilleur prix.

Exemple à l’achat

Une action cote 52 €.

Tu veux l’acheter uniquement si elle revient à 50 €. Tu places donc un ordre limité d’achat à 50 €.

Si le marché descend à 50 €, ton ordre peut être exécuté. Si le marché ne descend jamais à 50 €, ton ordre reste en attente ou expire selon sa durée de validité.

Exemple à la vente

Tu possèdes une action achetée à 45 €.

Tu veux vendre uniquement si le prix atteint 55 €. Tu places donc un ordre limité de vente à 55 €.

Avantage

Tu gardes le contrôle du prix.

Inconvénient

L’exécution n’est pas garantie.

Le marché peut frôler ton niveau sans te servir, ou repartir avant que ton ordre soit exécuté.

À retenir

L’ordre limité privilégie le prix plutôt que l’exécution.

C’est souvent un ordre plus discipliné que l’ordre au marché, mais il faut accepter de parfois rater une entrée ou une sortie.

3. L’ordre stop ou ordre à seuil de déclenchement

L’ordre stop se déclenche lorsqu’un prix défini est atteint.

Une fois le seuil touché, il devient généralement un ordre au marché.

Il peut servir à :

  • couper une perte ;
  • protéger une position ;
  • entrer sur cassure d’un niveau ;
  • accompagner un mouvement.

Exemple

Tu achètes une action à 50 €.

Ton scénario est invalidé si le prix passe sous 48 €. Tu places donc un stop de vente à 48 €.

Si le marché descend à 48 €, l’ordre se déclenche et une vente au marché est envoyée.

Attention

Le prix final d’exécution n’est pas garanti.

Si le marché baisse très rapidement, ton stop peut être déclenché à 48 €, mais exécuté plus bas. C’est particulièrement vrai lors d’une annonce économique, à l’ouverture du marché, sur un gap ou sur un actif peu liquide.

À retenir

L’ordre stop permet de définir un niveau d’invalidation, mais il ne garantit pas toujours le prix exact de sortie.

Il protège surtout contre l’absence de réaction. Pas contre tous les écarts de marché.

4. L’ordre stop limite ou ordre à plage de déclenchement

L’ordre stop limite fonctionne en deux étapes :

  1. tu définis un seuil de déclenchement ;
  2. tu définis une limite d’exécution.

Quand le seuil est atteint, l’ordre devient un ordre limité au lieu de devenir un ordre au marché.

Exemple

Tu possèdes une action achetée à 50 €.

Tu veux vendre si elle passe sous 48 €, mais tu refuses d’être exécuté sous 47,50 €.

Tu peux donc placer :

  • un seuil de déclenchement à 48 € ;
  • une limite de vente à 47,50 €.

Avantage

Tu gardes un contrôle sur le prix minimum accepté.

Inconvénient

Tu peux ne pas être exécuté.

Si le marché passe directement de 48 € à 46,80 €, ton ordre peut rester en attente, car ta limite à 47,50 € n’est plus disponible.

À retenir

L’ordre stop limite protège le prix, mais pas forcément la position.

Il peut être utile dans certains cas, mais il demande de bien comprendre le risque de non-exécution.

5. L’ordre à la meilleure limite

L’ordre à la meilleure limite cherche à être exécuté au meilleur prix disponible au moment où il arrive sur le marché.

S’il n’est exécuté que partiellement, le reste devient généralement un ordre limité au prix de la première exécution.

C’est une forme de compromis entre rapidité et contrôle du prix.

Avantage

Il peut permettre d’obtenir le meilleur prix disponible au moment de l’envoi de l’ordre.

Inconvénient

L’exécution complète n’est pas toujours garantie.

Sur un actif peu liquide, seule une partie de l’ordre peut être exécutée, puis le reste peut rester en attente.

À retenir

L’ordre à la meilleure limite est un compromis.

Il est moins agressif qu’un ordre au marché, mais moins précis qu’un ordre limité classique.

Stop loss, take profit et OCO

Dans la pratique, les traders utilisent souvent deux ordres associés à une position : le stop loss et le take profit.

Le stop loss sert à limiter une perte.

Le take profit sert à encaisser un gain sur un niveau défini.

Certaines plateformes proposent aussi des ordres OCO, pour One Cancels the Other. Cela signifie que deux ordres sont liés entre eux. Si l’un est exécuté, l’autre est automatiquement annulé.

Exemple

Tu achètes une action à 100 €.

Tu places :

  • un stop loss à 95 € ;
  • un take profit à 110 €.

Si le prix monte à 110 €, le take profit est exécuté et le stop loss est annulé.

Si le prix baisse à 95 €, le stop loss est exécuté et le take profit est annulé.

L’ordre OCO permet donc d’encadrer une position avec un scénario de gain et un scénario de perte.

Que vérifier avant de passer un ordre ?

Avant de valider un ordre, vérifie toujours :

  • le bon actif, ticker ou code ISIN ;
  • le sens de l’ordre : achat ou vente ;
  • la quantité ;
  • le type d’ordre ;
  • le prix indiqué ;
  • la liquidité ;
  • le spread ;
  • la durée de validité de l’ordre ;
  • les frais éventuels ;
  • l’impact du levier si tu utilises des produits à effet de levier.

Un ordre oublié peut être exécuté plusieurs jours plus tard dans un contexte qui n’a plus rien à voir avec ton scénario initial.

Les erreurs fréquentes

Les erreurs les plus courantes sont :

  • utiliser un ordre au marché sur un actif peu liquide ;
  • croire qu’un stop garantit toujours le prix exact de sortie ;
  • confondre stop loss et stop limite ;
  • oublier un ordre en attente ;
  • valider une mauvaise quantité ;
  • inverser achat et vente ;
  • placer un stop trop serré sans tenir compte de la volatilité ;
  • ne pas vérifier le spread avant d’entrer.

À retenir

Les différents types d’ordres ne sont pas des détails techniques. Ils déterminent la façon dont ton plan est réellement appliqué sur le marché.

Un bon trader ne réfléchit pas seulement à la direction du marché. Il réfléchit aussi à son exécution.

Le type d’ordre choisi doit toujours être cohérent avec ton objectif :

  • ordre au marché : priorité à l’exécution ;
  • ordre limité : priorité au prix ;
  • ordre stop : déclenchement à partir d’un niveau ;
  • ordre stop limite : déclenchement avec contrôle du prix ;
  • ordre à la meilleure limite : compromis entre prix et exécution.

Comprendre les ordres permet de mieux contrôler ses entrées, ses sorties et son risque.

2026 © IVT - tous droits réservés